Suite de Chronique d’un Tour Du Monde #1

Aujourd’hui je triche

Je m’étais promis de sélectionner avant d’écrire : quel souvenir, qu’est ce qui m’a marqué chaque semaine ? Un an de voyage, 363 jours précisément : je le sais, j’ai compté ! Pas possible de compter chaque journée et surtout pas forcément intéressant. Ca pourrait peut-être ressembler à cela : « Aujourd’hui, j’ai fait la lessive et j’ai mangé un bol de nouille ». Non merci ! J’ai décidé de vous raconter Songkran, le nouvel an bouddhiste. Je triche : il a démarré le dernier jour de notre première semaine.

Arme toi, le ciel t’aidera

Alors que nous sommes encore à Bangkok, je lis la presse locale en anglais. L’évènement est annoncé, les festivités du nouvel an vont démarrer et durer 3 jours. Le principe : nettoyer les statues qui sont à l’effigie de bouddha afin d’entamer sainement la nouvelle année. Année 2137 d’ailleurs. La première fois cela surprend.
Nous visitons toujours Bangkok et nous nous rendons dans un marché qu’on nous a conseillé, le marché de Klong Toei. Majoritairement alimentaire, c’est les insectes qu’on cherchait. Sous les yeux ébahies des vendeurs – nous sommes les seuls touristes – on arpente les allées.
On ne met pas longtemps à se rendre compte que le nouvel an ou plutôt la fête de l’eau (on s’y perd, je sais) va être prise au sérieux. Beaucoup de marchands proposent des pistolets à eau et… Le choix est pléthorique. Du ridicule pistolet dont il est presque impossible de remplir le réservoir à cause de la taille de l’orifice, au Super Soaker double réservoir qu’un mome serait bien incapable de porter !
« Je pense que tu devrais en acheter un tout de suite, quand on reviendra on aura pas à chercher » me sort Anh alors que j’examine les différents flingues. « Tu as peut-être raison, je prends celui-ci, pas le plus gros, mais pas le plus petit, j’ai pas envie de me faire démonter ! ».
Finalement, Anh passe à la caisse aussi. Un rose et un vert. On ne savait pas, mais on a bien fait.

Happy Songkran

Après quelques jours sur Koh Samet, plage, moustiques et coups de soleil, nous voilà de retour dans la mégapole Thaïlandaise. Toujours dans le même hôtel où nous récupérons nos sacs. Le matin du nouvel an, on se prépare. Je suis les conseils du journal que j’avais lu : prévoir des réserves d’eau. J’avais gardé 2 bouteilles vides. Nous emballons les passeports et l’argent dans des sacs hermétique. J’emballe mon appareil et mes objectifs dans des sacs plastiques que je double. On sort, chacun son arme à la main.

Surprise, dans la rue en bas de chez nous il ne passe rien. Alors que je m’attendais à voir des gens se jeter des seaux d’eau les uns sur les autres, que dalle. Dans le paysage on ferait presque tâche avec nos pistolets à eau. En s’éloignant rien non plus. Nous prenons le métro pour rejoindre des amis qui voyagent depuis plusieurs mois en Asie. Metro, BTS, bateau. Nous visitons d’abord un temple avant de nous diriger vers Khao San Road (ie. la mecque des backpackers en Asie du Sud Est), là où nous devons nous retrouver le soir.

C’est un autre monde. Bien que nous n’avons pas atteint notre destination, nous apercevons des dizaines de personnes avec de l’argile sur le visage, la thanaka. Ils sont trempées pour la plupart, des pieds à la tête. Des bouteilles, des pistolets et des seaux à la main. Nous nous faisons tout petit et cela ne tarde pas à arriver, un seau d’eau glacé chacun. Un peu plus loin, la fête bat son plein. Il y a de la musique, et alors qu’on passe au milieu de la foule on se fait tartiner le visage de thanaka avec toujours un « Happy Songkran ».

J’ai ainsi le sentiment que les barrières ont sautées entre les thaïs et les farangs (=les occidentaux). Avec un jet d’eau on noue le contact. Le quartier qui entoure Khao San Road est un champ de bataille. Tout le monde s’asperge, se barbouille et danse. Et lorsque je daigne sortir mon appareil, on me tire dessus de plus belle ! Il y a même des bassines pour recharger ses pistolets. Le pied !

Un épisode qui finit à Ayutthaya

Après une soirée bien arrosée (admirez le jeu de mot !), nous faisons route vers Ayutthaya. L’ambiance est bien loin de celle de la veille, quoi qu’il en soit je continue à faire fureur et j’amuse beaucoup les gens avec mon pistolet. La chaleur est écrasante et on ne crache pas sur les douches improvisées. Et alors que la fête est terminée, nous partons à la gare pour quitter Ayutthaya. Entre temps, le pistolet d’Anh a rendu l’âme. Je garde le mien, rangé dans une poche extérieure de mon gros sac à dos. Ca semble attiser la curiosité d’une petite fille. Je le sors et m’approche avec, elle se cache derrière son père. Avec les mains, j’explique au papa que je souhaite donner mon jouet à la petite. Elle finit par l’accepter et son père la force à me dire merci. Une fois que nous nous sommes éloignés je la vois déjà jouer avec, puis nous embarquons. Adios Ayutthaya.

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