Suite de Chronique d’un Tour Du Monde #3

Aranyaphrapet, le malaise d’une ville frontière

Nous quittons Phimai, dernière escale de la Thaïlande avant de rejoindre le Cambodge. Nous rejoignons la station de bus avec une étape à faire à Nakon Ratchasima. Comme souvent là-bas nous sommes pris en charge : on nous hèle pour prendre le bus. Un peu d’attente avant de récupérer un bus pour Aranyaphrapet que nous tuons en bouffant un plat dégueux à la gare routière. La nourriture n’est pas excellente partout en Thaïlande finalement. Un rabatteur androgyne (bien que les ongles longs soient à la mode pour les hommes à ce qu’on nous a dit) nous interpelle après le repas pour qu’on lui achète les tickets à la sauvette. L’heure tourne et nous savons que arriverons le soir à la frontière. Impossible, donc, de la passer aujourd’hui, celle-ci fermant vers 17/18h.

Le trajet en bus est un peu long. Une fois de plus je ne suis pas inquiet, on nous prévient systématiquement au moment de descendre. On s’endort. Le paysage défile, la nuit tombe. Je finis par aller voir le chauffeur, poussé par Anh une fois de plus. Cette fois il y a un couac. On nous a oublié !
Nous nous faisons donc déposer à la frontière et pas la ville même d’Aranyaphrapet.

L’ambiance est glauque. Peu de passants, des lumières blafardes, des étales fermées et pas d’hôtel à l’horizon. Pas la peine de chercher dans le guide, cet endroit n’y figure pas sauf sous la dénomination ‘Poste frontière’. Nous ne sommes pas à l’aise et les gens auxquels nous demandons notre chemin ne pipent pas un mot d’anglais.

Un môme finit par nous faire comprendre que nous devons le suivre pour nous loger. Il court au milieu des étales et des ruelles crasseuses. Un cul de sac : un préau d’un côté, une rangé de chambre de l’autre. Celle qu’on nous propose est miteuse et cher, pas le choix. A côté, il y a un petit stand pour manger , nous sommes la curiosité de la soirée. Lorsque nous revenons à la chambre, nous réalisons que le préau est rempli. Des dizaines de personnes nous lancent des « Hello ». Plusieurs d’entre eux dorment. Des femmes, des enfants, des hommes plus ou moins âgés. Ils passeront la nuit là, en face des chambres, trop chères pour eux… Le lendemain matin ils sont toujours là.

Notre hypothèse est que ce sont des immigrés Cambodgien en attente de transport… Au moment de passer la frontière nous nous rendons bien compte qu’il y a plus de Cambodgiens qui souhaitent rejoindre le voisin plus riche que l’inverse.

Une rencontre importante, encore !

Un jeune homme propose au petit groupe de touriste que nous formons avec 3 autres voyageurs un trajet gratis jusqu’à la station de bus. Personne ne voit venir l’arnaque : on nous jette à une station de bus très isolée où les tickets sont hors de prix. Tous d’accord pour ne pas payer, nous nous sortons de ce mauvais pas et démarchons une voiture pour aller jusqu’à Siem Reap. Nos compagnons de route ne sont pas tous bavard. Sauf Sharon, la jeune malaise qui vient de quitter l’Australie pour s’offrir un long trip en Asie. Avec ses tiques de langages elle nous fait marrer : « Is it cheap ? ». Econome au possible, elle cherche une chambre à moins de 5$. Malheureusement les dortoirs sont pleins dans le coin ou pas au prix qui lui convient.

C’est ainsi que nous acceptons de partager une chambre avec elle pour 6$ soit 2$ par tête. Expérience unique pour nous qui sommes en couple ! Et pas mal de confiance à donner alors que nous avons fait connaissance seulement quelques heures plus tôt !

C’est encore Sharon qui insista pour qu’on visite Angkor à vélo pour une question de budget. Elle anime les journées avec son caractère bien trempé et le ménage à trois fonctionne à merveille pendant nos 4 jours de cohabitation. Rendez-vous est pris pour la retrouver en Malaisie, alors que nous débarquons à Kampong Thom…

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