Lorsque nous sommes passé à Nha Trang, nous nous sommes fait alpaguer par deux Easy Riders. Alors que notre parcours au Vietnam était toujours très indéfini (en fait, on a jamais réellement de route définie, mais il est quand même utile d’avoir un trajet pour quelques jours) et après avoir parcouru leur livre d’or, nous avons accepté un deal avec eux.

Pourquoi avoir engagé des Easy Riders ?

En effet, on tenait à aller dans les hauts-plateaux du centre. Et on savait aussi que faire de la moto dans ces endroits là pouvait être particulièrement agréable, pour les paysages et les ethnies qui vivent dans certains endroits reculés.
Cependant, ni Anh, ni moi ne savont conduire une moto. J’apprends tout juste à conduire un scooter avec des vitesses. Etant donné l’état des routes que l’on peut recontrer, il vaut mieux être à l’aise avec son véhicule avant de s’y aventurer.

Ce sont ces arguments là qui ont motivé notre décision.

Hum, Easy Riders, c’est quoi ?

J’ai demandé à Hiep, le chauffeur d’Anh de nous expliquer. Je n’ai pas vérifié ses propos et peut-être que des erreurs se sont glissés puisque l’explication était en Viet et qu’Anh m’a fait la traduction simultanée :

Après la guerre, le Vietnam a ouvert ses frontières aux touristes. Le pays a commencé à développer une infrastructure touristique. Mais il était toujours difficile de prendre le bus par exemple. Il fallait réserver plusieurs jours à l’avance (au moins 3 jours ?). Il y avait peu de véhicule. De plus, c’est la route côtière qui s’est développée, pas l’intérieur.

Les frontières sont restées fermées un temps aux touristes américains. Quand ils ont ouvert la frontière aux américains, un journaliste est venu faire un reportage. Il se trouvait bien embêté pour se déplacer.

Il voulait aller de Da Lat à Ha Noi. Il aurait croisé un ancien combattant Viet qui parlait l’anglais et qui avait un scooter. Il lui aurait demandé s’il pouvait l’emmener jusqu’à Ha Noi. Ce dernier lui aurait répondu que s’il voulait, il pouvait l’y emmener en moto mais qu’il fallait un mois. Le journaliste aurait alors accepté car il ne voulait pas attendre le bus.

Le journaliste américain a apprécié de voir ce qu’il a appelé ensuite le « Real Vietnam ». A son retour, il en a parlé, notamment sur Internet. Ce qui a lancé le mouvement.

De fil en aiguille, les Easy Riders se sont développés, apprenant les uns des autres les routes à emprunter, les lieux à faire visiter, l’histoire des ethnies, etc.

Hiep est Easy Rider depuis 8 ans et Minh depuis 10 ans. C’est lui qui a été formé par Minh (Minh = mon chauffeur).

Comment ça se passe avec les chauffeurs ?

Le matin suivant, ils sont venus nous prendre à l’hôtel, très ponctuels. Ils ont soigneusement emballé nos sacs à dos pour nous former des dossiers sur les motos.

Et c’est parti pour rouler, sur nos Honda, des petites cylindrées réputées assez fiables. On s’arrête alors assez souvent. Que ça soit pour boire, prendre des photos ou visiter des coins, que, effectivement nous n’aurions pas vu sinon :

– Usine de brique
– Fabrique de nouille de riz
– Ferme de crevette
– etc.

Nos petits sacs à dos sont conservé à l’avant des véhicules et disponibles quand on leur demande !

Comme ils nous l’ont expliqué, il vaut mieux s’arrêter souvent car, même en passager, ça fatigue et ça vibre énormément.

On mange avec eux, le midi et le soir. On papote (un peu en anglais, beaucoup en viet’). C’est sympathique. Pour les visites, ils alternent l’un et l’autre. Pour les photos on demande, mais en général, ils s’arrêtent d’eux même. C’est tout juste s’ils ne m’ont pas forcé à en prendre : « Good picture ! Postcard ! »

Pour le soir, ce sont eux qui s’occupent d’organiser l’hébergement.

En fait, ils gèrent à peu près tout, on ne s’occupe que de payer à manger. De ce côté là on aurait été un peu déçu pour les repas ptit déj et diner se sont fait à l’hôtel. Pas trop question d’aller ailleurs. Question d’accord avec les hôteliers il semblerait.

Et niveau prix, ça coute combien un Easy Rider ?

Pour ces 3 jours nous avons largement éclaté notre budget (20€ jour / personne) puisque la journée avec une moto s’élève à 50$ par tête. Je pense qu’on aurait pu faire mieux de ce point de vue là puisque l’on a pas comparé les offres avant de souscrire. Le charme de la « rencontre » un peu plus naturelle nous a fait accepté le deal plus ou moins spontanément. Il est sûrement possible de mieux le négocier.

Est on satisfait ?

Globalement oui ! C’était reposant de se laisser porter pendant quelques jours. C’était aussi une façon intéressante de continuer notre périple, ça nous a changé du bus. Nos conducteurs, Hiep et Minh, étaient vraiment sympa et nous ont bien fait marrer avec leurs phrases toutes faites :
« Never try, never know ! » ou « Easy Rider, Fucking cool man ! »

J’ai aussi ramené quelques beaux clichés, notamment les enfants sur les buffles, c’était un moment émouvant.

Le prix était par contre elevé et nous avons payé 3 jours sans faire le 3ième, puisqu’il s’agissait d’une boucle mais que nous ne voulions pas rentré. Je crois que l’erreur a été commise au départ, nous ne nous étions pas mis assez clairement au point sur le programme du dernier jour.

Je conseille néanmoins d’essayer ! quelques conseils :

  • Choisissez bien votre rider, certains parlent français si vous préférez, il suffit de se balader et on viendra à votre rencontre, pas d’inquiétude pour ça !
  • Ne prenez pas quelqu’un de trop jeune et observez un peu les livres d’or (même si ça peut être bidonné)
  • Négociez fermement
  • Accordez-vous bien sur le parcours
  • Quelques jours suffisent pour l’expérience, la liberté totale n’est pas au rendez-vous comme si vous conduisiez !
Trip Easy Rider (Minh et Hiep), 1er jour Nha Trang -> Lake Lak

Un des meilleurs moment du périple et une photo bien sympathique


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