Trop Degoutée !

Cuba, une destination imprévue que nous avons décidé de rajouter à notre parcours . Bruno y avait passé 10 jours en all-inclusive, 6 ans auparavant et sa sortie à la Havane lui avait laissé un petit goût de « reviens y ». Notre airbus A319 de la Taca arrive sans encombre de Lima d’où nous avons décollé 5h plus tôt.

Aéroport de la Havane, Cuba

Les bagages tardent un peu, un homme fume sa cigarette devant le panneau d’interdiction de fumer, je me dit que les douaniers ne sont pas bien méchants puisqu’ils ne lui disent rien… Sac à dos récupérés, prêt à sortir pour découvrir ce que Cuba a à offrir… Faux départ ! On se fait arrêter par un douanier qui décide de nous interroger, on a beau lui tendre nos jolis formulaires tout bien remplis et prévus à cet effet, il nous dit qu’il fait une fiche « pour lui ». Et qu’est ce qu’on fait de nos fiches ? Bah on peut les garder… Au cas où l’on oublierait comment on s’appelle ou où l’on habite.

C’est parti pour l’interrogatoire, nos passeports en main, il nous demande d’où on vient, si on rentre en France après, combien de liquide on a sur nous, le nombre de carte de crédit aussi. Puis inspection du matériel électronique, quel appareil photo et avec quels objectifs, combien de mémoire a notre ordinateur et sur notre disque dur externe. Je fulmine intérieurement. Ca ne me dérange pas de me soumettre à un contrôle mais au moins qu’on m’explique pourquoi, genre « bon, on vous contrôle parce que vous voyagez beaucoup, on va vous google-isé un coup histoire de voir si vous êtes pas reporter ou un truc dans le genre :) ». Et le voilà qui part avec nos passeports en nous demandant d’attendre. A ce moment là, j’ai limite envie de reprendre l’avion pour je ne sais où. Finalement, je me sens assez chanceuse lorsque j’aperçois d’autres personnes dont on a totalement découvert le contenu de leur bagage. 5 minutes plus tard, le douanier revient, nous rend nos passeports et nous dit « désolé pour le dérangement ». Ouais, ouais, désolé… c’est ça ouais !

Bon je suis bien blasée. Cuba commence mal.

On prend le taxi pour rejoindre l’hôtel que l’on a réservé pour la première nuit. Et oui car on était obligé d’avoir une adresse à fournir pour pouvoir acheter la carte de touriste obligatoire pour se rendre ici. Cuba ça se mérite ! Le mec qui nous démarche pour le taxi a des supers chaussures avec un insigne Yves Saint Laurent géant, et un air de gangster des années 30 avec sa coupe gominée. A la sortie de l’aéroport, la route est plutôt dépouillée, pas en mauvaise état mais presque, des dizaines de personnes font du stop le long de la route, c’est très courant ici. Entre les voitures modernes, pas mal de vieilles voitures américaines plus ou moins en bon état, il n’y a vraiment qu’ici qu’on voit ça, on a l’impression que le temps s’est un peu arrêté.

Le chauffeur du taxi nous arrête devant l’hôtel Bruzon, un homme vient nous accueillir gentiment. Assez difficile de le décrire, grand et fin,  il a les cheveux grisonnants et des lunettes avec des branches doré mais passé, une chemisette blanche avec une cravate bordeaux et kaki, un brin désuet ! Il nous conduit à la chambre. La chambre est verte ! Rideaux, murs, lits, je déteste le vert !

Je suis vraiment blasée.

La vielle Havane, centre historique

On décide d’aller au centre historique de La Havane pour diner. On aperçoit une église à 800m. Bruno me dit : « ah je reconnais l’église, c’est par là ! ». Sauf qu’en fait ce n’est pas l’église dont il parle et en plus on a même pas de plan de la ville ! Du coup on marche bien une heure et demi avant d’arriver dans le quartier de la vieille Havane. Je suis totalement blasée ! Bon, nous y voila, le Capitolio, des grandes places en marbre et un peu plus loin les ruelles pavées d’où la musique s’échappe à chaque bar ou restaurant. Mon estomac gargouille depuis quelques temps et notre choix s’arrête sur un resto en plein air, une pergola avec des tables et des chaises en fer forgé peintes d’un vert bouteille et il y a une promo pour 10 CUC (10$) pour un mojito, un plat et un dessert. Poulet, boeuf ou langouste au choix. Bruno m’avait dit que les langoustes n’étaient vraiment pas chères ici, mais bon, au vu du choix, je m’attends au mieux à une sympathique brochette. Le serveur nous amène 2 mojitos bien frais. Le petit groupe de musique commence à jouer. Et là… Tout s’arrête. Je me sens enfin à Cuba. Me voilà déblasée. Heureuse de savourer mon mojito avec la voix de cette chanteuse dansant d’un pas enjoué, le rythme des maracas et des bongos. Selon Bruno, mon visage a démontré tout son étonnement, lorsque une langouste entière (chacun) nous a été servi : elle était énorme ! Et dire qu’il y a des gens qui choisissent le poulet pour le même prix. Un peu flemmards ce soir là nous cherchons un moyen motorisé  pour rentrer. Nous montons dans un bici-taxi qui nous emmène sur une place d’où il faut prendre un taxi partagé. A bord d’un véhicule du siècle dernier, avec tous ces cubains, le vent chaud s’engouffrant dans l’habitacle, je me sens libre. Ma mauvaise humeur s’est définitivement envolée. J’adore déjà Cuba !

Bienvenidos à Cuba


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